Attentat dans le métro à Minsk : au moins 11 morts
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Une violente explosion a fait au moins 11 morts et des dizaines de blessés lundi soir dans le métro de Minsk, dans le centre de la capitale du Bélarus, une ex-république soviétique qui n’a pas connu d’attentat majeur ces dernières années. L’explosion, qualifiée d’attentat par le parquet général du Bélarus, a fait 11 morts, selon le dernier bilan annoncé par le président Loukachenko.De son côté, le ministre de la Santé, Vassili Jarko, a fait état de "126 blessés, dont 22 sont dans un état grave", selon Interfax.

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Peu après l’explosion, de la fumée noire sortait de la station de métro Oktiabrskaïa et des passagers s’échappaient du souterrain, le visage ensanglanté, certains ayant les vêtements en lambeaux, selon des témoins.
"Il y a beaucoup de blessés, nous ne sommes pas en mesure de donner des chiffres", ont indiqué de leur côté les services de secours médicaux de la ville. Des images de télévision ont montré la station de métro enfumée, des blessés au sol ou appuyés contre des piliers alors que d’autres fuyaient.
"Les gens sont évacués de la station. La station elle-même est très enfumée. Il y a beaucoup de blessés aux sorties", a raconté un correspondant du journal en ligne bélarusse naviny.by, qui se trouvait sur place.
"Les gens sortent en sang du passage souterrain qui mène au métro, ils ont les mains et le visage en sang. De la fumée sort du souterrain", ajoute-t-il.
Le président bélarusse, M. Loukachenko devait "organiser ce soir une réunion extraordinaire liée à l’explosion dans le métro de la capitale", a déclaré le porte-parole son porte-parole, Pavel Legki, à Interfax.
Loukachenko dénonce
Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, a estimé que l’explosion qui a fait 11 morts lundi soir dans le métro de Minsk avait pu être organisée "depuis l’étranger", chargeant le chef du KGB de "retourner tout le pays" pour retrouver les coupables, selon les agences.
"Je n’exclus pas que ce ’cadeau’ vienne de l’étranger, mais il faut qu’on regarde aussi chez nous", a déclaré M. Loukachenko lors d’une réunion d’urgence dans la capitale bélarusse, selon l’agence Interfax.
"On nous a lancé un sérieux défi, il faut y répondre de manière adéquate", a-t-il ajouté, soulignant que les autorités devaient faire davantage pour garantir la sécurité dans le pays. "Le chef du KGB, vous êtes personnellement responsable de l’enquête", a-t-il dit, s’adressant au chef des services de sécurité du pays, selon Ria Novosti.
"Les coupables doivent être retrouvés dans les plus brefs délais. Retournez tout le pays", a-t-il lancé, selon cette agence.
Sur fond de tensions politiques
Le Bélarus, tenu d’une main de fer par Alexandre Loukachenko au pouvoir depuis 16 ans, n’a pas connu d’attentat majeur ces dernières années. En juillet 2008, un engin artisanal avait explosé au centre de Minsk lors de la fête de l’indépendance de cette ancienne république soviétique, faisant une cinquantaine de blessés, selon des médias
Cette attentat survient sur fond de tensions politiques au Bélarus où de nombreux opposants ont été arrêtés fin décembre après la réélection controversée de M. Loukachenko. La réélection avec plus de 80% des voix de M. Loukachenko le 19 décembre avait provoqué une importante manifestation de l’opposition à Minsk, qui dénonçait des fraudes massives.
Le rassemblement avait été dispersé sans ménagement par la police et plus de 600 personnes interpellées. Vingt-deux opposants sont encore en détention provisoire et cinq ont fui à l’étranger, notamment l’un des candidats à la présidentielle, Ales Mikhalevitch, qui a obtenu l’asile politique en République tchèque.
Plusieurs dizaines d’opposants, parmi lesquels plusieurs candidats à la présidentielle, ont été inculpés d’"organisation de troubles massifs" à la suite de ces événements, encourant jusqu’à 15 ans de prison.
RTL.fr avec AFP,le:11.04.11









