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Chasse aux suspects après l’attentat du métro de Minsk

par Mohammed Karouch | Catégorie : Europe 0 commentaire(s)

La police de Biélorussie a procédé mardi à des contrôles sur les routes, dans les gares et les aéroports au lendemain d’un attentat à la bombe qui a fait au moins 12 morts et plus de 200 blessés dans le métro de Minsk, la capitale.


Le service de renseignement (KGB) de l’ex-république soviétique a diffusé la description d’un homme robuste âgé de moins de 30 ans et considéré comme un suspect. Trois autres personnes ont été interpellées pour interrogatoire mais ne sont pas des suspects, a indiqué le chef du KGB.

Le vice-procureur général Andreï Chved a qualifié l’attentat d’acte de terrorisme, fait sans précédent en Biélorussie.

Ce pays est l’objet d’une étroite surveillance policière et, à la différence de la Russie voisine, ne connaît ni insurrection islamique ni opposition politique violente.

Le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 en Biélorussie, a déclaré que l’explosion de lundi visait à déstabiliser le pays. "Je n’exclus pas qu’il s’agisse d’un cadeau de l’étranger", a dit cet autocrate qui entretient des relations tendues avec l’Occident.

Le ministère de la Défense a fait savoir que 204 personnes étaient hospitalisées, dont 26 dans un état grave.

L’engin explosif, qui était rempli de billes métalliques, de clous et de boulons, avait la puissance de 5 à 7 kg de TNT. Il semble avoir été placé sous un banc à la station de métro Oktiabrskaïa, non loin des locaux de l’administration présidentielle.

Selon le chef du KGB, Vadim Zaïtsev, plusieurs hypothèses sont étudiées quant au mobile de l’attentat, l’une étant la volonté de semer la panique et de déstabiliser le pays. On envisage aussi un acte commis par "des organisations radicales de jeunes extrémistes", voire confié à un tueur à gages.

Le bilan des victimes est passé à 12 morts après le décès d’une personne blessée durant la nuit, a indiqué le KGB.

Mercredi sera une journée de deuil national.

Un opposant politique, Anatoli Lebedko, a dit craindre que Loukachenko n’exploite l’attentat pour accentuer encore la répression de ses adversaires politiques.

De son côté, Grigori Kositoussev, dirigeant du Front populaire biélorusse qui s’est présenté contre Loukachenko au scrutin présidentiel de décembre dernier, a déclaré à Reuters que l’origine de l’attentat se trouvait probablement en Russie.

"Les forces spéciales biélorusses ne gagnent pas bien leur vie. Malheureusement, elles sont très actives quand il s’agit de s’en prendre à leurs adversaires politiques mais ne savent pas répliquer à une menace réelle quand elle vient de bandits", a-t-il ajouté.

Clément Guillou et Philippe Bas-Rabérin pour le service français

Par Reuters .



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